samedi 6 octobre 2012

Eric Corbeyran a mis du vin dans ses bulles

Sud ouest par Aurélie Champagne

Éric Corbeyran vit dans sa bulle depuis « la nuit des temps ». Depuis les âges farouches, même, pourrait ajouter ce scénariste de BD aujourd'hui installé à Bordeaux, qui confie avoir appris à lire avec Rahan, ce grand blond musclé à souhait, miraculé d'une éruption volcanique. « J'ai toujours été passionné par les images fixes, explique-t-il. J'aime la photo, le dessin, la BD, la peinture et j'aime la narration : les récits, les contes, le cinéma… »
Si l'auteur éclectique, excellant aussi bien dans le polar, l'aventure, ou encore la science-fiction, est invité sur ce salon Lire en Tursan dédié au vin, c'est qu'il vient de signer, avec son complice Espé au dessin, deux tomes de Châteaux Bordeaux (éditions Glénat), une grande saga familiale consacrée aux vins de Bordeaux. « Je suis scénariste comme je suis lecteur ou spectateur : j'ai des goûts très larges. Les choix se font au travers des rencontres. Souvent, c'est de la discussion que naît une idée. Pour Châteaux Bordeaux, c'est Jacques Glénat (le PDG des éditions du même nom, NDLR) qui est à l'initiative du sujet : c'est lui qui m'a donné envie de m'y intéresser. Je ne connaissais pas cet univers plus que quelqu'un d'autre. La BD m'a incité à me pencher sur les coulisses du vin. C'est passionnant. Je redécouvre ma ville, mon quartier, puisque j'habite aux Chartrons, qui est le cœur des négoces. »
Particularité de cette saga : elle ne laisse aucune place au fantastique, à l'inverse de 80 % de la production du scénariste. Au contraire, Éric Corbeyran ne s'est autorisé aucun écart avec la réalité. « L'objectif est d'avoir une photo assez complète et précise de la filière du vin dans le bordelais, avec tous les acteurs : le chef de culture, un maître de chai, le négociant, le courtier… À la fin de la série, toutes les intrigues seront dénouées et on aura un regard complet sur la filière bordelaise. »

Vulgarisation
Pour arriver à comprendre tous les rouages des vignobles, un gros travail préparatoire s'est révélé indispensable. Le scénariste est allé frapper aux portes des domaines et a multiplié les lectures sur la viticulture. « J'ai mis trois ans avant d'écrire une ligne, lâche le scénariste. Chaque acteur a une idée particulière de son travail, de son univers, que ce soit le négociant, le propriétaire, le chef de culture. Il y a tant de complexité, d'acteurs, que c'est difficile de se faire une idée. Je voulais que tout soit le plus clair possible avant de me lancer. Le plus compliqué, c'est de faire parler les gens simplement de leur travail car ils sont très compétents dans leur domaine. Moi, au contraire, je voulais vulgariser. »

Sur cette route des vins du Bordelais, Éric Corbeyran a d'ailleurs rencontré l'œnologue Michel Rolland qui a signé la préface de Châteaux Bordeaux.

Si l'auteur a percé les mystères des vignobles bordelais, il lui reste à présent à découvrir ceux du Tursan, lors du salon. « Je ne demande que ça, lâche-t-il. J'ai envie, tout comme l'éditeur et le dessinateur, de continuer. On va certainement aller du côté des Côtes de Provence, de la Bourgogne… Je reviens de Belgique où l'on a goûté d'autres vins. La découverte fait partie de notre démarche. »

Bercovici et Simmat dans Robert Parker chez 12bis
  
Michel Rolland sera interviewé samedi 13 octobre par Yves Harté, directeur adjoint de l'information du journal « Sud Ouest », et sera présent lors de la conférence du dimanche 14, à 15 heures
Éric Corbeyran participera à la conférence du dimanche 14 octobre, à 16h30

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