jeudi 11 septembre 2014

BD Fugue : 10 ans et toujours à la page

A la une de Bordeaux 7 ce jour.


En 2004, Olivier Vandernotte ouvrait à Bordeaux la 4e enseigne du réseau de librairies indépendantes BD Fugue (qui en compte désormais six, plus la boutique en ligne). Pour fêter les 10 ans, il a concocté une grande journée samedi, entre signatures et concerts rock. Entretien.


Marie et Olivier. Au-dessus d’eux, l’affiche des 10 ans signée Hervé Bourhis © SLJ

Dix ans déjà… Pas mal pour quelqu’un qui n’était pas du milieu au départ !
En effet, avant, j’étais cadre sup dans le textile. Mais j’ai toujours lu beaucoup de BD. Alors quand une amie libraire à BD Fugue Lyon m’a dit « Tu n’as qu’à faire quelque chose comme nous », l’idée a fait son chemin. J’ai cherché un lieu, un peu partout, et quand j’ai trouvé ce bar qui vendait (le Paris-Pékin), je me suis dit que j’avais trouvé le lieu idéal. À 30 mètres de Sainte-Catherine, à 50 mètres de l’Utopia...
Pourtant, à l’époque, j’avais encore beaucoup d’interrogations. Sur ma capacité à changer de vie, de ville, à m’adapter, à apprendre un nouveau métier. J’arrivais juste avec ma culture BD classique et l’aptitude à faire marcher une entreprise. Il m’a fallu des années pour connaître vraiment le métier, ses pratiques, le milieu, les auteurs... Aujourd’hui, ça va : la librairie est connue comme la principale librairie spécialisée de la ville (et au-delà), et elle a, je crois, une bonne réputation.



D’autres enseignes de l’époque ont fermé depuis (Bédélire, OscarHibou). Qu’est-ce qui explique votre longévité ?
L’emplacement y est certainement pour quelque chose. Mais on a avant tout réussi à concilier le côté métier-passion et le fait que c’est aussi une entreprise. Ça exige du dynamisme, une capacité à organiser des événements, recevoir des auteurs... Et lire – un travail énorme ! Songez qu’en 2004 il y avait 3 000 nouveaux titres par an et maintenant on en est à 5 000 ! Lire, pour être à même de bien orienter le lecteur, parfois vers des titres qu’il n’aurait pas repérés. La qualité d’accueil,t de conseil compte beaucoup. Enfin, il y a le café, qui aide bien à la convivialité. Ça ne représente que 10% du chiffre mais la librairie n’aurait pas été la même sans cela.


Pour vos 10 ans, vous recevez beaucoup d’auteurs, et même certains en concert !
Oui, beaucoup d’entre eux ont une “double vie” (sourire). Les liens ont toujours été très forts entre le rock et la BD et, moi aussi, la musique est mon autre passion. Alors, comme je prépare ça depuis bientôt un an, j’ai pensé qu’il fallait que la musique soit de la fête. Je suis content qu’autant d’auteurs aient répondu présent. Il y en a beaucoup à Bordeaux et, non seulement au fil des ans on a aimé montrer leur travail, mais s’est installée une vraie relation de confiance, voire d’amitié, avec nombre d’entre eux. Alors pour ce genre d’événements je sais qu’on peut faire appel à eux. Par exemple, quand j’ai pensé à un carton d’invitation, Hervé Bourhis a dit oui tout de suite et a fait un magnifique un “à la manière de” la pochette que Crumb avait réalisée pour Janis Joplin.

Le marché va bien, la librairie aussi, non ? Alors, reparti pour 10 ans ?
(Rires) Vous savez, j’ai 57 ans alors peut-être pas… Oui, le marché est stable, on peut dire qu’il va bien par rapport au reste du monde de l’édition – il faut dire que, hors manga et comics, la BD se prête mal à la dématérialisation. Et la librairie tourne bien, nous sommes quatre permanents plus un ou une apprenti(e) des métiers de la librairie tous les ans, et la croissance continue. Encore pour 10 ans j’espère. Mais en ce qui me concerne, probablement que d’ici deux-trois ans, je songerai à passer la main, me trouver un successeur… •

Recueilli par Sébastien Le Jeune


La tournée des copains
Samedi, dès 10h30, dédicaces de Max Cabanes (« Fatale »), Thierry Robin (« Mort au Tsar »), Vincent Perriot (« Paci », tome 2), Christian Cailleaux et Hervé Bourhis (« Jacques Prévert, inventeur », en avant-première), Bourhis également présent pour « Le Teckel ». Puis concerts à 19h30 avec Stop II (d’Olivier Besseron) et Sweat Like an Ape (Sol Hess et Jérôme d’Aviau).

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